Rastafari provient de l'amharique Ras, ici "leader" et Tafari, "celui qui sera craint". Tafari étant le prénom de naissance de Hailé Sélassié Ier, empereur d'Etthiopie de 1930 à 1974. Dans la culture Rastafari, Hailé Sélassié est lui-même considéré comme un personnage sacré, le Messie, ou la personnification/incarnation de Jah, Dieu.
Le Rastafari est pour certains assimilé à une religion, par d'autre à une philosophie ou encore une idéologie ou un syncrétisme, pour ses emprunts à la Bible. Les Rastafariens (dits "Rastas") le voient plutôt comme une manière de vivre, une façon de voir, concevoir le monde et ce qui le constitue depuis sa création.
Le mouvement a débuté dans les années 30 en Jamaïque. Il est influencé par la religion, notamment chrétienne, par les textes de la Bible et par les traditions et les cultes africains.
La culture rasta est formée par un certain nombres de croyances, coutumes et traditions. Mais il est vain de proposer une caractérisation exhaustive et universelle de la culture rastafarienne. Celle-ci est au contraire basée sur la différence et se revendique comme une unité dans la diversité. Cependant certaines caractéristique sont récurantes chez les rastafariens comme la consomation de ganja ou les habitudes alimentaires, notamment le végétarisme et le parfois le végétalisme. La caractéristique la plus étendue est bien évidemment le voeu de Nazarite, emprunté à la Bible, qui consiste à se laisser pousser les cheuveux et de ne pas les coiffer, ce qui entraîne l'apparition des dread locks. Mais ces caractéristiques ne sont pas toutes adoptées par tous. La culture Rastafari ne contraint pas les rasrafariens à tous vivre de la même façon.
Le Reggae n'est pas en soi une marque caractéristique des croyances rastas, mais bien un vecteur portant le message selon le concept ancestral très courant dans ces cultures : la transmition orale. Le genre musical le plus proche du mouvement rastafari serait plutôt le Nyabinghi (instrument de percussion jamaïcain accompagnant les chants dans le rituel rastafari). Enfin une grande partie de la culture rastafari est directement inspirée de la Bible, notamment le concept de Babylon.
Les rastas ont un vocabulaire particulier, un patois. Une des marque de ce vocabulaire est le refus de l'emploi du -isme, comme dans capitalisme, communisme, christianisme ect... le rastafarisme, malgré qu'il soit parfaitement français, est un terme refusé des rastafariens. En effet les termes en -isme sont vu comme la manière qu'a Babylone de regrouper les gens en clans et d'établir des barrières entre eux, rendant vaine toute communication, et entrainant la méconnaissance et l'intolérance.
Il est important de bien faire la différence et de ne pas voir le Rastafari comme une variante jamaïcaine de la grande vague hippie du monde occidental. Bien que fondamentalement un message de paix et amour, le mouvement rastafari ne peut pas ce restraindre à ces deux seules idées. En effet le mouvement rasta un mouvement d'émancipation des consciences, et surtout, une dénonciation aux dérives du système. De même que le reggae est une musique de rebelle, comme chanté par Bob Marley, le message rasta est avant tout un message de rupture et de rébellion spirituelle.